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Isa du 28 Novembre au 12 Décembre

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Temps et espace suspendus
Les formes s’estompent,
Dans la lumière froide de la glace,
Rayonne la plénitude de la conscience.

Ici la Glace Domine. Tout se fige et ne demeure que silence et transparence.

L’évolution des trois runes est parlante : dans Nauthiz les deux verticales affichées dans Hagalaz ont fusionné, indiquant que la cause doit être déposée et ici dans Isa la barre oblique indiquant obstacle et contrainte a disparu : seule demeure la verticalité qui résorbe les dualités précédentes.
Cette verticalité évoque Yggdrasil l’arbre de notre conscience. Mais cet arbre que nous avons vu se déployer en Fehu trouve ici son expression la plus dépouillée, la plus essentielle.

Alors que dans Hagalaz nous avons pris conscience des forces réactives présentes en nous puis dans Nauthiz avons accepté les limites indispensables pour les dessécher, ici cette opposition se résorbe. Après la restriction comprise et acceptée vient l’immobilité.
Ayant déposé l’accessoire nous revenons à l’essentiel, la racine de ce qui nous fonde, ce que nous sommes dans la genèse de notre Être.

Notons que si la première rune, Fehu marque l’irruption du Feu, la onzième rune alors que nous approchons du mi-chemin marque la consécration de la Glace. Cette culmination de la Forme signifie également un point de bascule : Si toute expansion du Feu est « gelée », il est intériorisé, introverti. La glace manifeste ici un arrêt de toutes les tendances productives mais aussi une absolue transparence.
Paradoxalement l’apex de la Glace s’accompagne de la plénitude de la qualité du Feu concentré dans son essence. Il n’y a plus d’oppression du Feu par la Glace : tout est figé. Dans ce Royaume de cristal, la Forme n’est que cohésion et transparence et aucune impureté ne trouble la parfaite lucidité de la Force. Il y a hibernation : le feu , la Force de Vie est concentrée au sein de la Forme.

Si nous avons traversé soigneusement les phases précédentes, nous avons appris à reconnaître les agrégats qui nous projetaient hors du chemin de notre retour, contraignant la Force dans sa dynamique.
Les opacités résultant des bouleversements initiés depuis le début de ce second Aett se sont estompées, désormais inutiles. Les forces parasites nous entrainant vers la périphérie de notre monde n’ont plus cours. Si dans la rune précédente nous avons appris à nous limiter, ici la concentration qui en résulte signifie attention et lucidité.
Nous pouvons ainsi jouir du silence Intérieur, le « grand Silence blanc », de cette transparence qui survient à mi-chemin, là où l’épais se subtilise et le subtil prend conscience de lui-même. Le feu, la lumière ne rencontre pas d’obstacle car elle ne cherche rien si ce n’est la conscience d’elle-même.
Une telle attitude ne relève nullement du quiétisme : l’isolement indispensable dans Isa n’est pas celui d’une tour d’Ivoire. Ce dont il s’agit ici c’est de stabilité, stabilité dans le mouvement, stabilité dans les tourbillons qui peuvent nous assaillir, conscience inaliénable de la limpidité de l’Être.
Si Isa signifie toujours simplification, simplification dans nos relations avec les autres, tout comme clarification et simplification de notre univers intérieur, cette rune bien vécue instaure une forme de relation purifiée qui peut sembler froide car elle résorbe accessoire et illusoire.