Roue du Ciel,
Roue du Temps,
L’Attente n’était pas vaine.
Dans la splendeur de l’aube
Les oiseaux chantent la venue de la Récolte,
Fertilisée par le jeu du Feu et de la Glace réconciliés
La Boule de Foin resplendit comme un Soleil
Telle est la Moisson.
Ici les deux polarités qui nous fondent sont à l’œuvre conjointement, la réceptivité féminine et la génération masculine : la conjonction devient féconde : c’est la Moisson.
Après la simplicité immobile d’Isa qui reconstituait un axe vertical, axe de notre monde intérieur dépouillé de tout artifice, le glyphe exprime très nettement un mouvement circulaire, radiant. Ce caractère radiant et solaire est confirmé par la mise en œuvre du doublement de Ken, le feu du premier cycle. Si Ken exprimait le feu de la créativité, ici ce feu devient récolte, production expansive.
Le glyphe exprime très nettement une notion de conjonction dynamique des deux forces, conjonction féconde engendrant dans le vide qui les sépare et dans lequel peut s’opérer la récolte. L’énergie du Feu à éveillé la graine qui a trouvé sa nourriture dans la glace : le feu est l’énergie et la glace le combustible. Le feu brule dans l’espace vide central et met en mouvement les deux bras latéraux.
En cette douzième rune du Futhark, nous voici à mi-chemin : les graines semées en Fehu ont germé durant la première phase du cycle et les précautions prises jusqu’alors garantissent une récolte abondante et saine, sans parasite ni impureté.
Les germes nuisibles ont été identifiés dans Hagalaz et Nauthiz et éradiqués par le froid dans Isa dont la verticalité a préservé la qualité des semences : la concentration des forces en Isa a maintenant déclenché la germination puis la récolte. Après la contraction et l’immobilité d’Isa se met en marche un nouveau cycle exprimé par la Roue de Jera.
Si en Isa le temps s’arrêtait, comme « gelé », dans une forme d’Hibernation, ici le mouvement dextrogyre du glyphe indique la course circulaire du soleil rythmant le temps des saisons.
L’implantation en nous de la verticalité d’Isa s’avère indispensable : si l’axe n’est pas solide ou bien orienté, la roue se grippera, contrariée par des scories, le blé sera étouffé par des ronces, la récolte faussée par des intempéries. Ronces et intempéries sont des contenus réactifs, séquelles d’Hagalaz et Nauthiz susceptibles de dénaturer la pureté de l’intention première.
Au contraire la bonne intégration de la Rune précédente a stabilisé notre univers intérieur autour de l’axe vertical qui relie « le ciel et la terre » avant que se mette en mouvement la roue de Jera.
Alors même que vient le temps de la récolte, il faut nous apparier au rythme de cette profusion. Cette roue signifie la roue du temps, induisant la tension entre nos efforts et leur résultat. S’il nous appartient de travailler la terre, de surveiller la croissance, il existe des conditions « extérieures » étrangères à notre volonté. Ce qui signifie qu’il y a dans cette rune à la fois une notion de travail mais aussi d’attente : chaque action doit être en harmonie avec ce que le temps exige. Il faut agir, moissonner, séparer le bon grain de l’ivraie en respectant ce que nous dit notre voix intérieure.
Une fois la récolte commencée nous ne devons pas nous perdre dans l’ivresse de l’abondance en oubliant les leçons de Nauthiz et d’Isa qui nous ont appris à discriminer l’essentiel de l’accessoire.
