Neige et glace
Une marche pénible et dangereuse
Tu t’immobilises et invoque l’origine
Le Tonnerre retentit alors
Mjöllnir émerge et la tempête cesse.
Tu reprends ton chemin
Et montes sur la crête
Jusqu’aux deux Pierres dressées
Arrivé entre elles tu te retournes
Considère et bénis ton passé
Luttes, échecs et victoires.
Confiant alors tu franchis le seuil
Et découvres ce que
Le Futur te dévoile.
Face aux obstacles qui empêchent notre avancée l’immobilisation révèle la force du Silence. Le Marteau signifie la concrétisation de la Force intérieure, l’éclair la lucidité qui fige les forces réactives. La progression devient possible et nous amène au seuil du Présent où nous voyons ce qui nous a amené ici à travers des épreuves difficiles et nous bénissons ce cheminement, ce qui signifie un relâchement de nos contenus mémoriels sans remords ni regrets. Ainsi délivré des formes obsolètes nous contemplons ce que le Futur révèle.
La forme en pointe représente à la fois une épine et une arme. Nous retrouvons ici la verticale de Fehu mais le feu se replie sur lui-même, engendrant une scorie, une excroissance qui est aussi une percée féconde appelant de nouvelles perceptions dans un nouvel univers.
Nous abordons un premier point critique. La Force expansive du Feu en nous – à la fois feu instinctuel et feu de notre motivation spirituelle cherche à échapper à la contrainte de la forme (la glace) notre complexe psycho somatique (forme spatiale) et notre devenir (forme temporelle) dans lequel il se sent emprisonné. Il y a éruption de la Force dans la Forme.
Fehu et Uruz ont insufflé en nous une force nouvelle, Énergie de la manifestation. Ici les composantes résiduelles de la poussée d’Uruz cherchant une issue produisent des agrégats, des éléments réactifs vestiges du passé qui retardent la transformation, c’est l’épine.
Ici l’inertie initiale d’Uruz se concentre en l’obstacle, densification de la glace. Après une phase inévitable de lutte nous comprenons la nécessité de combiner la persévérance d’Uruz avec l’aspiration initiale de Fehu. L’ambivalence de l’obstacle à la fois comme point d’arrêt et point de concentration apparaît. Si notre désir ardent de changement peut justifier une forme de violence, celle-ci est inefficace : la détermination issue de la confiance en le feu qui nous anime permet de franchir les obstacles. Thurisaz nous apprend à rester concentré sur le but, en dépit d’inévitables difficultés. Si nous persévérons, ce sont ces deux forces qui en se combinant nous ouvrent le chemin : le Marteau de Thor dissipant les forces contraires combine ici la masse de la Glace et l’impulsion du Feu.
En reconnaissant en nous les forces réactives enracinées dans la mémoire elles se coagulent. Alors, l’épine vidée de sa sève se détache et un nouveau monde peut apparaître. C’est ainsi qu’à l’issue de ce premier ternaire apparaît une « croisée des chemins »,
