Une éruption nouvelle
Au loin le Volcan gronde
En semant les graines
De ton héritage
Tu ensemences le champ de ton destin.
Dans la paix d’un jour nouveau
Tu contemples
Le troupeau paisible.
Promesse de prospérité
Le Volcan est l’énergie issue des profondeurs qui brûle, dynamise et vitalise la terre. Cette énergie est à la fois dangereuse et féconde Le germe contenu dans les graines représente les potentialités de ce nouveau cycle. Il importe de semer pour réaliser le Destin que Fehu promet. Ainsi la vision du troupeau paisible conforte le bien-fondé de l’engagement dans la perspective d’une richesse qui englobe toutes les parties de notre Être
Fehu se compose d’une barre verticale avec deux traits obliques sur le côté droit. Un tel ensemble suggère un déploiement du Feu primaire dont les flammes vont réchauffer les graines. Il suggère également un arbre dont les branches remplissent le cadre de la manifestation dans une dynamique de déploiement.
Le Feu est ici la première énergie, Feu chthonien du Volcan surgissant des profondeurs de notre terre intérieure. Ce Feu représente la qualité, la quintessence qui par le déploiement progressif des bras (notre système psychosomatique) va engendrer la quantité : c’est la richesse attribuée traditionnellement à cette rune. La glace est le contenant du capital préexistant, ce qui est en puissance, le Feu la Force vitale, l’énergie qui permettra à cette puissance de devenir acte.
C’est en fécondant la forme, émanation de la Glace que le Feu produira la richesse. L’enjeu exprimé par Fehu sera donc une multiplication dans le monde formel qui n’altérera pas le message initial : voici le troupeau.
Dans Dagaz l’arbre immense d’Yggdrasil est devenu graine concentrant en lui la quintessence Ignée du cycle passé et tous les germes du destin à venir. Ici nous abordons le premier Aett, l’Aett de Freyr mais nous ne sommes pas dépourvus : l’héritage du cycle précédent engrangé en Othalaz est disponible même si nous n’en mesurons pas encore la richesse : de nouvelles potentialités sont en germe.
Dans Fehu nous prenons conscience de l’impulsion première encore confuse mais irrésistible qui nous incite à prendre la route de l’union de notre destinée personnelle et spirituelle par une perception profonde de la présence en nous de cette graine.
Nous savons que cette impulsion nous dépasse, que nous n’avons aucun pouvoir sur elle et en même temps qu’elle est présente en nous comme le moteur qui nous conduira jusqu’au but encore inconnu, la possibilité d’une réalisation, indéfectiblement liée au mystère de notre origine et notre fin.
Dans l’immédiat semer sera le travail consistant à dynamiser cette énergie dont le feu est contenu dans la graine pour qu’elle peuple la manifestation.
Il nous appartient donc de nous mettre en chemin, sans précipitation ni indolence, à la recherche de la terre qui permettra d’assurer la germination correcte de la graine, multiplier sans dénaturer. En ce début de nouveau cycle, il n’est pas question de faire du « sur place », de « geler ses actifs ». Agir ainsi conduira à une décomposition, une perte de la valeur profonde de ce que nous sommes.
Il y a dans Fehu une part de risque, qui nous conduit à oser comme un aventurier, car c’est bien d’aventure qu’il s’agit. Cependant si la force dynamique du Feu nous pousse à nous développer, l’énergie conservatrice de la Glace nous enjoint de veiller à conserver la pureté de l’intention première. Cette première phase est primordiale : nous devons rester conscient de cet élan qui surgit en nous sans nous laisser emporter. Il importe de garder la direction intérieure vers laquelle pointent les deux bras de la Rune.
Il faut donc éviter que la Glace enkyste le Feu : ce qui signifie installer cette impulsion profonde dans un « confort spirituel », ou que le Feu consume la Glace : ce qui signifie céder à un élan irraisonné ignorant ce que nous sommes dans nos limites (la glace). L’intégration progressive de ces deux composantes et leur conjonction finale sera le but de ce chemin du Futhark.
