Rune Précédente

Nauthiz du 13 au 27 Novembre

Rune Suivante
YouTube player

Une muraille de pierres
Un loup menaçant
Un guerrier dangereux
Tu t’assois, découragé
Le croassement d’un corbeau
Te réveille
Il te mène au Druide
Qui te montre la caverne
Pénétrant dans sa Profondeur
La Rune te guide
Vers la froide lumière mystérieuse.

Dans Hagalaz les forces réactives se sont coagulées en grêle, Dans Nauthiz nous sommes confrontés aux forces qui leur donnent Vie, Forces latentes dont l’origine est en nous et qui nous enferment dans un cycle répétitif.
L’apparition du druide, émanation du Dieu Intérieur marque un tournant : une évidence intime nous amène à nous resourcer vers notre profondeur pour trouver la solution des obstructions rencontrées. La clé de la délivrance réside dans ce temple du silence, là où ces forces sont impuissantes. Nous y découvrons un autre chemin constellé de glace ouvrant vers « la Claire Lumière Froide ».

Dès le premier regard nous comprenons que la route est barrée. La direction illustrée par la pointe, la voile de Wunjo se heurte à un obstacle. La dynamique des deux grands piliers de Force est entravée par la barre oblique tendant à emprisonner les flux d’énergie : c’est la grêle.
En ce début de cycle si le glyphe de Fehu du premier Aett montrait une direction verticale, bras dressés vers le ciel, ici l’oblique est dirigée vers le bas, montrant le chemin vers l’incarnation de la Force au sein de la forme.

Ce qui pouvait sembler être une opposition extérieure dans la rune précédente avait pour but de nous ramener à nous même en éliminant ce qui est accessoire ou illusoire dans notre vie. L’opposition de la grêle nous pousse à comprendre dans cette rune que nos désirs d’expansion et de liberté doivent se restreindre. La leçon bien apprise dans Hagalaz précédente nous fait découvrir ici que l’abandon définitif de ce qui est n’a plus lieu d’être nous ouvre des portes jusqu’alors closes.

Si dans la rune précédente le Feu était prisonnier de la Glace, horizontale bloquant toute dynamique, ici il y a simplification par concentration, Le Feu se restreint, se limite pour éviter d’être lésé, s’obscurcit même pour ne pas se dénaturer. Le Feu est l’enthousiasme, le désir de transformation et la glace les aspects de nous-même inopportuns qui se détachent.

Le sens physiologique de toute souffrance est le signal d’un dysfonctionnement : souffrance physique symptôme d’un trouble somatique ou énergétique, émotionnelle d’un attachement ou d’une faiblesse de caractère, mentale d’une incompréhension. Dans cette rune nous comprenons que casser le thermomètre ne guérira pas la fièvre : il faut maintenant crever l’abcès.
Dans notre cheminement intérieur il arrive fatalement, mécaniquement un point où notre évolution nécessite de nous séparer des séquelles du passé en affrontant ce que nous ne pouvions ou ne voulions voir. À partir du moment où notre engagement ne saurait se cantonner à une aspiration idéalisée, certains aspects de notre vie doivent être restreints voire même abandonnés, c’est cela la vraie nécessité. Nous savons alors qu’il n’est plus question de tergiverser, on ne peut différer et il faut accepter des restrictions. Il ne s’agit plus de contraintes extérieures ou même morales mais bien d’impératifs intérieurs : nous ne pouvons nous contenter d’affronter les phénomènes comme dans Hagalaz, il faut nous confronter à leur source.
Il n’est pas question ici d’un « ascétisme héroïque » mais d’une séparation nécessaire maintenant : ce qui était partie intégrante de notre comportement jusqu’alors est obsolète et doit être déposé à terre (c’est le sens de l’oblique du glyphe) pour continuer le voyage. L’expression de dépôt est essentielle, ni fuite ni lutte mais nécessité et évidence.
A ce stade le discernement est cardinal : un renoncement forcé ou inopportun ne tiendra pas la distance. Les restrictions dont il est question ne sont pas de nature « morale » (en obéissance à une loi extérieure), elles répondent aux exigences de notre devenir. Il arrive un moment où le chemin devenant difficile il faut abandonner ce qui nous ralentit ou même nous immobilise : nous devons économiser nos forces. La nécessité est également la nécessité du moment : la connaissance de ce moment est essentielle : un détachement prématuré ne desséchera pas les racines, trop tardif les racines seront profondes et diffuses . Si nous sommes à l’écoute de ce que demande notre métamorphose intérieure, de telles restrictions deviennent des évidences.
Un tel détachement ne sera douloureux que si le feu de notre aspiration s’est figé, obstacles et contrariétés n’étant là que pour nous rappeler que les chemins où nous portent nos désirs sont des impasses à la fois spirituelles et personnelles, nous menant à des fausses libertés. Un sentiment profond de libération remplace insensiblement toute notion de perte. Nous nous sentons alors réunifiés, en harmonie avec le chemin qui se dresse devant nous.
De façon subtile il peut même arriver que nous refusions de nous séparer de certaines contraintes en pensant qu’elles constituent l’ossature même de notre devenir, qu’il s’agisse de pratiques ou de relations. L’écoute de la voie intérieure nous fera alors comprendre de façon certaine qu’il est temps de les laisser derrière nous : elles sont devenues réactives et contrarient notre genèse : ce choix compris la nécessité devient liberté et simplification, induisant une évidente limpidité qui préfigure la rune suivante.