Un appel irrésistible
Une aube brumeuse
Un village silencieux
Au-delà du pont
loup et corbeau attendent
Et te précédent jusqu’à la clairière
Devant la Pierre Levée,
Lien entre les mondes
Se tient le Druide
Sa bénédiction révèle en toi
Un nouvel Homme
Fils du Ciel et de la Terre
La rencontre avec notre aspect divin rappelé par la pierre dressée et incarné par le Druide scelle en nous l’Homme qui est une synthèse du Divin et de l’humain, non dans un succédané mais comme une dynamique fille de la Vie engendrée par la relation entre ces deux aspects.
Ici la conjonction est parfaite, image d’un couple s’embrassant le glyphe reproduit en miroir deux fois Wunjo. Si Wunjo annonçait une première incarnation de l’universel (le vent qui anime le drapeau) dans le singulier (la terre qui fixe la hampe) la mise en miroir exprime une fusion. Il s’agit d’une joie partagée résultant de l’harmonie profonde, harmonie dynamique qui nous recrée. Les deux obliques d’Ehwaz se sont prolongées : le contact est intime, scellé. L’enthousiasme de Wunjo est devenu plénitude créatrice.
Cette rune annonce la reconstitution de la gémellité première. Les forces concurrentes séparées au commencement par l’abime trouvent un point d’union. Ici la Glace prend sa forme ignée et le Feu s’installe en elle. Il y a transparence : notre « forme » humaine ne fait plus obstacle à la « force » divine.
Plusieurs rencontres avec le Divin, notre part intemporelle scandent le voyage du Futhark, qu’il s’agisse du messager première émergence du Dieu intérieur dans Ansuz, des rencontres avec la Nuée dans Raidho et Elhaz ou du dévoilement du destin dans Perthro. En Ehwaz la synthèse des forces complémentaires s’est opérée et a engendré un voyage. Il y a ici consommation dans la genèse de « l’homme accompli », le Dieu Intérieur.
Dans le premier Aett, suite à l’impulsion reçue d’Ansuz le voyage de Raidho produisait le Feu de Kenaz, ici le cheval engendré en Ehwaz et le nouveau voyage engendrent l’Homme fils conscient de l’union du Feu de la Glace, du Ciel et de la Terre.
En sanskrit Manas signifie à la fois Homme et Mental, ce que nous retrouvons dans le préfixe mens. Le Mental dont il est question ici n’a rien à voir avec le contenu de « nos pensées » : il évoque la racine spirituelle indissociable de ce qui constitue l’humanité, la façon dont l’illimité prend forme dans le limité, l’éternel dans l’éphémère, la Vie dans notre vie symbolisée par le Druide, l’Homme dans lequel la Vie circule pleinement.
Dans Mannaz il y a un rééquilibre relationnel avec toutes nos composantes. Équilibre avec notre monde instinctuel, souterrain, fruit du travail en Ehwaz, équilibre avec notre partie féminine, notre anima dans une conjonction heureuse et dynamique et enfin équilibre avec notre partie spirituelle dans l’incarnation progressive de la forme du maitre intérieur.
Le chemin parcouru nous ramène ici à nous même, dans la compréhension profonde du sens des contradictions qui nous constituent et nous animent. Nous comprenons comment notre destin personnel et notre gestation intérieure se conjuguent. Ici prime la fidélité à ce que nous sommes dans notre profondeur. Alors que la Joie de Wunjo clôturait le premier Aett, révélation d’une plénitude à venir, ici cette joie est devenue plénitude dynamique nous invitant à un nouveau voyage.
