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Elhaz du 28 Janvier au 11 Février

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Le souffle du Gardien fait résonner la Corne
Jusqu’au fond de la Vallée
Alors que tu t’avances vers le Pont
Qui mène aux Cieux
La Nuée Divine vient à toi.
Te pénétrant et te renouvelant.
L’Arc en ciel scelle en ton Etre
L’émanation Divine.
Enthousiaste, tu reprends ton chemin.
 

Le Son du Cor signifie l’éveil intérieur. Nous nous avançons jusqu’au pont qui mène aux états supérieurs de conscience représentés par la Nuée, émanation de la Forme Divine.
Nous ouvrant à cette Nuée elle nous pénètre et nous régénère profondément.

Dans une vision végétale on voit ici une plante, un roseau ouvert vers le ciel, les trois parties supérieures formant réceptacle. La réceptivité est donc optimale et on a affaire ici à une Antenne.
On retrouve également cette attitude dans le geste d’invocation et d’ouverture aux forces du ciel dans de nombreuses religions et disciplines spirituelles. Comme le roseau, l’officiant appelle en lui et à travers lui les forces surnaturelles. Il y a donc simultanément invocation active et réception passive.
On retrouvera ce motif gravé à l’arrière de la chasuble du prêtre signifiant qu’une fois revêtu de ce vêtement il s’efface pour devenir un canal, un médiateur entre les forces célestes et l’assemblée.

Si Eihwaz nous a montré la façon dont vie et mort s’entrelacent en nous et Perthro nous a permis d’entrevoir une nouvelle finalité cachée, Elhaz décrit le tissage de cette finalité à travers une nouvelle forme de participation aux courants souterrains qui irriguent notre destin. Dans Eihwaz l’If était bien implanté en terre et sa force résidait dans cette croissance lente et continue garante de son équilibre, ici le roseau est une plante aquatique et flexible : le mystère de la caverne de Perthro est devenu eau nourricière et assimilable.
A l’ouverture horizontale de Perthro signifiant écoute et participation aux courants qui influent sur notre devenir répond ici une disponibilité orientée vers le ciel. IL y a eu fécondation de notre destin personnel et les trois verticales indiquent une participation active: nous sommes dorénavant un canal. Dans Perthro nous avons compris qu’une part de notre destin demeurait mystérieuse et échappait au contrôle de notre volonté. Ici nous acceptons et nous ouvrons pour participer consciemment à ces forces qui nous dépassent.

La glace, la forme s’ouvre comme une corolle pour accueillir le feu, la lumière, la Force. Le roseau tire sa substance du marais, forme liquide de la glace et l’aspire jusqu’au ciel. Il y a ici deux dynamiques complémentaires : celle de la glace, ascendante sous la forme de l’eau aspirant les nutriments qui constitueront les fibres de la plante et celle du Feu descendante, énergie solaire aspirant et dynamisant la circulation de la sève en créant une forte polarité.

Une antenne se doit d’être bien ouverte pour recevoir les ondes mais aussi correctement accordée et orientée pour sélectionner et focaliser les justes fréquences. Le roseau doit savoir utiliser soleil, eau et vent pour assurer sa croissance, s’adaptant sans arrêt. Après la rencontre de Perthro découvrant pour un instant les courants sous-jacents qui déterminent notre destin, nous devons ici intégrer ces courants en nous afin qu’ils nous permettent de franchir un nouveau cap.
Si cette leçon a été correctement apprise, il y a conjonction entre notre destin personnel et l’appel intérieur induisant une dynamique puissante. Ainsi le roseau devient-il un pont, un chemin vers un nouveau monde que symbolise Bifröst.
Simultanément nous reconnaissons notre dépendance à une force extérieure qui détermine notre destin mais nous nous offrons à elle, en demandant sa protection. Plus la force invoquée est puissante, plus l’humilité et la souplesse est indispensable. Plus nous devenons conscients que cette force pressentie antérieurement nous traverse mais ne nous appartient pas, plus nous acquérons flexibilité et résilience. Ainsi paradoxalement nous réalisons que cette force et ce qu’elle instaure en nous est la Réalité en gestation.
Il y a dans cette rune une ambivalence recélant une notion de danger : ces dangers sont des émanations de l’eau, notre affectivité. Mais le bruissement du roseau est un signal nous prévenant de tout débordement, à nous de l’écouter.
En ne cherchant pas à retenir ou manipuler ces énergies qui nous traversent, appliquant la transparence apprise en Isa, se produit en nous un tissage intérieur : les deux énergies en se condensant et se combinant engendrent une trame d’une nouvelle nature, cocon de l’enfant intérieur, gestation de Tir Nan Nog.