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Dagaz du 14 au 28 Juin

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Un corbeau s’envole vers l’horizon
La tempête se déchaine.
Le ciel s’obscurcit.
Bien enraciné entre ciel et terre
L’arbre tient bon
A l’aube le son du cor
Éveille une nouvelle création
Qui t’accueille
Et te révèle à toi-même

Le corbeau volant vers la tempête
Emporte avec lui les sédiments
Du cycle passé
L’arbre est Yggdrasil soutenant
Êtres et énergies qui peuplent
Notre univers intérieur
Ensemencé en Mannaz
Un nouveau monde est en gestation en Ingwaz
En affermissant ses racines
Célestes et terrestres en Othalaz
Il demeure fidèle à son essence
Dans la tempête de Daggaz.
Cette fin de cycle signifie
une remise en question
De tout ce que nous croyons être.
Au moment où la tempête
Balaye toute certitude
Alors l’éphémère est dissout
Un nouveau fils de l’éternité apparait.

Ce glyphe exprime très clairement un rétrécissement du temps et de l’espace en un point suivi d’une nouvelle expansion spatio temporelle. C’est la fin d’un cycle, notre univers se condense et se rétracte en un point infime avant de se redéployer dans un nouveau monde. Le glyphe suggère également une meule, broyant les coques du passé pour en extraire « la substantifique moelle ». C’est le « chas de l’aiguille », le mystérieux centre dont naitra un nouveau monde, le rétrécissement du sablier qui comprime le temps.

Les oppositions successives du Feu et de la Glace ont accompli leur œuvre, toute dualité disparait, se résorbe après un dernier affrontement.

Othalaz en tant que bilan du cycle précédent a révélé les actifs thésaurisés. Ce potentiel contient des éléments en germe déterminants pour le nouveau cycle. Après avoir condensé tout le bénéfice de l’expérience vécue, cet héritage prend ici un nouveau sens jusqu’alors inaccessible. Ce qui était causal, fruit du passé dans Othalaz devient final, germe du futur dans Dagaz.

On évoque souvent « le temps suspendu » en relation avec cette rune.  Il s’agit donc d’un point de basculement, de révolution au sens premier du terme exprimant la fin d’un cycle complet et le commencement d’un nouveau cycle. Nous retrouvons cette notion dans le « suspens » d’un film policier : un calme précaire s’instaure mais dans un instant les événements vont se précipiter : nous « retenons notre souffle ». Nous nous préparons à traverser un « Sas », faire un saut dans cet inconnu qui est nous-même. En ce point nous retrouvons pour un instant l’origine de toute choses, cosmogénèse et ontogénèse dans une confrontation à l’abime initial, un pont frêle surplombant le vide. Que nous le voulions ou non, un point de bascule est atteint, le retour en arrière est impossible.
Le Ragnarök associé à cette rune nous parle de la mort des Dieux et de la mort d’un monde suivi de l’apparition d’un nouveau monde et d’une nouvelle figure divine Balder. Le monde en chute est l’effondrement du paysage qui structure notre monde intérieur : le cosmos ordonné du cycle précédent fait place au chaos. Les Dieux qui y régnaient et meurent sont nos représentations intérieures, nos motivations et désirs (bons ou mauvais) qui ont animé le cycle précédent. Elles ont eu leur utilité qu’il s’agisse de forces actives (ignées) ou réactives (glacées) mais sont amenées à disparaitre : elles sont obsolètes et doivent être dissoutes. Cette dissolution doit être radicale pour que ne subsiste aucun vestige du monde antérieur, aucun « Ancien Dieu  » qui viendra perturber le nouveau cycle en semant des germes de chaos.
Cette dissolution sera suivie d’une nouvelle coagulation : coagulation d’un nouveau monde Tir Nan Nogg de ce nouveau cycle et Balder figure solaire centrale illuminant ce monde.
Le renouvellement d’Yggdrasil signifie que ce qui perdure est « l’Arbre-Monde » de notre complexe psychosomatique qui après avoir été radicalisé se prépare à se couvrir de nouvelles ramures.
A l’issue du voyage à travers les 24 Runes, l’accessoire s’est estompé, notre vision des êtres et des choses a profondément changé, subi un bouleversement radical. Selon notre attachement et notre dynamique intérieur ce passage peut être douloureux ou à peine ressenti : dans tous les cas si nous avons suivi le cycle du Futhark, il débouche sur un monde régénéré.
Mais ce n’est pas une fin, Tir Nan Nogg se révèle dans une nouvelle forme plus intimement liée à notre devenir, une nouvelle conscience nous imprègne, plus limpide et une nouvelle aventure commence.