Une marche à l’aube
Une voute invocatrice
Arrivé dans la clairière
L’enfant est offert
Au Don répond le Don
Enveloppé de lumière,
L’enfant sourit.
Dans Kenaz le feu de la terre avec le travail de l’homme a engendré une nouvelle création l’enfant intérieur. Dans Gebo cette création est offerte au Ciel Qui la vivifie et apporte en retour la plénitude.
Le glyphe représente une croix. Dans cette croix il y a une notion d’expansion maitrisée depuis un centre. Le redoublement de Kenaz en miroir exprimant également une forme de réciprocité (savoir donner et savoir recevoir). Il y a à la fois équilibre dans le centre et radiation.
La septième rune indique un point d’équilibre. Le feu se manifeste par une force expansive, la glace par une solidité du centre et de notre structure intérieure. Bien installé dans ce centre nous pouvons donner sans léser notre richesse essentielle, équilibrer ce que nous donnons et ce que nous recevons.
Si le Feu de Kenaz est un feu créateur dans Gebo nous comprenons que cette création ne nous appartient pas : insufflée dans Ansuz, engendrée par notre participation dans Raidho portée à l’ignescence dans Kenaz, elle est à la fois un « Don de Dieu » et un « Don à partager ». Le Feu de Kenaz se recentre puis irradie : c’est le foyer autour duquel on se rassemble pour partager nourriture et expériences, le produit de ce qu’Ansuz nous a révélé.
Gebo prévient les risques de Kenaz : par le partage nous stabilisons le Feu en nous en évitant qu’il s’éteigne ou implose.
Gebo est d’abord une reconnaissance du Don divin, reconnaissance allant de pair avec une humilité bien comprise, gratitude envers l’auteur de ce don. Dans Gebo nous sommes à la fois un point de fusion et d’expansion et un pont entre Ciel et Terre, un centre à partir duquel nous inspirons, recevons toutes sortes de présents et expirons en offrant nos richesses à ce qui nous entoure.
Si dans la rune précédente par la création nous avions régénéré notre monde intérieur, nous poursuivons ici ce travail en donnant : nous découvrons ainsi que par le Don nous nous enrichissons. Dans Gebo ce que nous avons créé en Kenaz doit être donné, détaché de toute velléité d’appropriation pour éviter tout sédiment.
Arrivant à l’avant dernière rune de l’Aett de Freyr, Dieu de la fertilité, nous partageons ce Don dans un nouveau mode de relation avec notre entourage. Nous découvrons de quelle façon nous participons à la genèse de la création dans une dynamique d’échange.
Les humains en harmonie se rassemblent autour du feu pour partager et recevoir chaleur et lumière. Il s’agira ainsi de donner et recevoir en conservant son autonomie. Savoir donner sans posséder, en oubliant que l’on a donné, sans rien attendre en retour. Savoir recevoir sans se soumettre. Dans les deux cas la gratuité du Don indique qu’il ne doit pas entrainer de dépendance.
Il en va de même pour le don réciproque qui préside à toute forme d’association sérieuse, qu’il s’agisse du domaine professionnel, amoureux ou spirituel car si un tel don ne peut se résumer à un simple marchandage il ne peut non plus impliquer un renoncement à ce que nous sommes profondément. Bien géré il ne diminue pas ce que nous sommes mais le fait fructifier : un tel Don nous enrichit
