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Wunjo du 13 au 27 Octobre

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Une Maison emplie de lumière
Un arbre magique resplendissant
Portant des fruits spirituels
Dont la Vision te ravit
Immergé dans cette lumière
Tu découvres
La plénitude d’une Joie parfaite
Qui s’enracine dans l’Eternel.

La racine étymologique d’enthousiasme est entheos (inspiré, possédé par un Dieu). A la fin de ce premier Aett qui est la révélation du Divin en nous, non un Divin abstrait, une représentation idéalisée, mais un Divin imprégnant ce que nous sommes et vivons, nous pouvons légitimement ressentir un tel enthousiasme qui emplit toutes les parties de notre Etre. L’arbre est Ygddrasil, centre vertical qui irradie et stabilise notre monde intérieur et extérieur, régénérant notre complexe psychosomatique.

La stabilité intérieure combinée à une expansion exprimée par une croix de la Rune précédente trouve ici une nouvelle forme. La jambe inférieure de Raidho s’est résorbée : les acquis du voyage sont solidement intégrés. Ce qui dans Thurisaz était une émanation dangereuse et instable du Feu est montée en haut de la branche verticale comme un drapeau. Un drapeau à la fois bien ancré dans le sol et animé par le souffle du vent représente toujours l’enracinement en un lieu de forces collectives ou divines illustrées par les couleurs ou les symboles qu’il porte.
En Égypte ce glyphe signifiait le Neter et trouvait sa concrétisation dans le mat Neter : les Mats Neters qui se dressaient à l’entrée du temple exprimaient la présence du Neter en ce lieu, dont le souffle donnait vie au drapeau à ‘extrémité de la hampe. Ces mats étaient placés devant l’entrée du temple montrant ainsi le début du chemin intérieur à travers les différentes parties du Temple jusqu’au Naos, plongé dans une obscurité mystérieuse abritant la statue du Neter, dans le monde mystérieux des origines.
Ainsi en ce fin de premier Aett Wunjo exprime que nous avons reçu « en notre terre » le sceau du divin et que le chemin ne fait que débuter. Mais ce glyphe est aussi une voile déployée nous entrainant vers le futur : il suggère que le vent se lève et que bientôt nous devrons nous élancer vers de nouvelles terres.

Dans ce premier Aett après avoir reçu l’impulsion première du Feu dans Fehu, l’avoir intériorisé au sein de notre glace intérieure en Uruz, avoir accepté la rupture qu’elle exigeait en Thurisaz, nous avons pu accueillir le messager en Ansuz. Le message reçu et conscientisé nous a mis en route vers de nouvelles terres faisant de nous des créateurs en Kenaz. Cette création extériorisée et partagée en Gebo, nous sommes pénétrés de l’enthousiasme de Wunjo qui est plénitude irradiante. Gebo bien comprise enracine et rend fécond le partage de Wunjo.

Le glyphe nous explique que dans cette rune le Feu est fixé dans la Glace. Le Feu dans Wunjo se manifeste par le rayonnement et la chaleur intérieure issue du partage. Cette Flamme s’incarne dans le Drapeau et la Glace dans la hampe dont l’enracinement dans la profondeur garantit l’inaltérabilité de cet enthousiasme.

L’enthousiasme dont il est question ici n’a rien d’un débordement émotionnel, ni d’un dangereux confort spirituel. Le feu impétueux du Volcan de Fehu a été pleinement infusé en nous, et nous avons assimilé au cours du voyage de ce premier Aett les étapes traversées. Il s’agit d’une certitude, une évidence profondément ancrée bien différente d’un quiétisme béat car impliquant l’évidence d’un engagement à la mesure du Don, responsabilité de mener à bien le voyage entrepris, responsabilité envers ce qui nous a été infusé dans Ansuz et Gebo, la graine d’un Arbre immense que nous pressentons.
Nous devons veiller à ce que cette Joie profonde qui est reconnaissance de notre appartenance à une Réalité qui nous dépasse ne dégénère pas en une forme de satisfaction nous renfermant sur nous-même. Gebo nous a appris l’importance de la relation juste et de la dynamique qui l’accompagne. Wunjo concerne le moment présent et en cette fin de cycle la perspective d’une remise en question dans le second Aett qui pointe à l’horizon ne doit pas nous empêcher de nous immerger dans cette plénitude. C’est un « caillou blanc » d’une intensité et d’une qualité incontestable, un aperçu lointain encore de Tir Nan Nog, le but de notre voyage, compagnon fidèle et inaltérable.
Le vent se lève et souffle dans la voile représentée par le Glyphe qui pointe vers le second Aett. Nous sommes reposés, notre vaisseau a été préparé et il va être temps de quitter le port pour affronter le second cycle de Hagal.