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Kenaz du 13 au 27 Septembre

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Torche dans la nuit.
Dans la Forge
La Femme recueille la flamme
L’Homme façonne le Feu
Du sein du Foyer
Nait l’enfant igné.

Des profondeurs de la forge intérieure alimentée par la conjonction des deux forces apparait l’enfant de feu, la création de notre devenir.

Le Glyphe de Kenaz est singulier car il est le premier à ne disposer que de deux obliques formant un V horizontal, donc sans axe vertical. Ainsi disposé il exprime une idée d’expansion horizontale, là où le feu primordial de Fehu jaillissait de la verticale d’Yggdrasil pour féconder le monde : ce Feu sera donc un feu humain, prométhéen.
Par ailleurs on peut voir dans la forme de Kenaz l’œil, organe associé au Feu à la fois vision et Feu permettant de révéler la vision. Cet œil n’est pas seulement un organe réceptif, mais également un instrument de création : ce qui est vu prends vie.

Dans Ansuz nous avons reçu le message, l’expression d’une nouvelle qualité supra naturelle : c’est l’étincelle. La roue du Voyage de Kenaz, roue des expériences vécues nous a permis de l’intérioriser, engendrant ainsi par sa rotation le Feu de Kenaz. Le Feu primordial, indifférencié de Fehu devient feu intérieur créateur enrichi de la forme d’Uruz.
C’est le temps de l’Ignescence manifestation de la Nuée traversée en Raidho ouvrant la possibilité de création venant de la juste compréhension du message reçu en Ansuz. Le voyage nous a permis de recueillir de nouveaux matériaux, de nouveaux paysages alimentant notre détermination, un feu puissant.

Dans Kenaz la première conjonction entre le Feu Primordial et la Glace produit un feu intérieur qui s’extériorise en création. La glace produit le combustible du Feu, sans lequel nulle combustion n’est durable et féconde. Dans cette genèse la femme recueille la Flamme : elle en est la gardienne et l’homme utilise cette flamme pour parachever une nouvelle création intérieure, donnant un véhicule à l’Être Intérieur

L’acquis antérieur devient ici expérience et connaissance : nous pouvons et devons réaliser ce que promettait l’impulsion première de Fehu. Ce Feu de Kenaz dorénavant partie prenante de notre être est le feu qui va alimenter notre ardeur, indispensable pour mener à bonne fin notre voyage. Une première intuition de la façon dont l’Universel entrevu dans la première partie du cycle s’incarne dans le Singulier par cette création flamboie ici.
Dans cette Rune nous devenons conscients de nos possibilités créatrices, découvertes par la rencontre avec notre instance intérieure en Ansuz et révélés dans le voyage de Raidho. Cette rune est particulièrement importante pour ceux d’entre nous qui expriment une activité créatrice quelle qu’elle soit (écriture, poésie, peinture, musique…). Dans ces activités nous pouvons exprimer ce qu’Ansuz nous a inspiré, ce que le cheminement dans notre pratique en Raidho a fait murir. Ce faisant par le Feu il y a à la fois révélation et extériorisation des figures et énergies qui peuplent notre monde intérieur par la créativité et reconstruction et purification de ce monde intérieur, notre complexe psycho somatique. Le Feu est l’inspiration, l’impulsion à créer, la Glace la technique indispensable acquise lors du voyage de Raidho.
Il y a deux risques à ce stade : le premier c’est de « mettre la lumière sous le boisseau », laisser le feu s’éteindre par manque de combustible (la glace) ce qui signifie ne pas accorder à la création l’attention continue qui est nécessaire. Le second c’est de le laisser déborder et risquer d’exploser, de briser son contenant (danger du feu). En même temps que nous prenons conscience de ces forces créatrices, nous en devenons responsables : ce qui apparait dans le feu de la forge, c’est nous dans notre Être en devenir.
Il s’agit donc d’équilibrer en nous feu et glace (forces volitives et réceptives, énergie et combustible) ainsi la gestation intérieure est alimentée de façon continue, non par un feu violent (séquelle du volcan de Fehu) ni par un feu de paille mais par un feu de braises, constant et maitrisé.