Un couple uni dans un voyage vers l’inconnu
Chevauchant un cheval de Feu.
Au loin la Rune apparaît
Sur une nuée mystérieuse
Dans une parfaite unité
Tu pénètres dans la Nuée
Cette étape montre une première harmonie entre notre côté actif et réceptif, obéissant à l’impulsion donnée dans Ansuz et conduisant à une dynamique de voyage, traversant une nuée surnaturelle.
Dans ce glyphe nous retrouvons à la fois le pic de Thurisaz et la jambe dirigée vers le bas d’Ansuz. L’épine de Thurisaz est devenue injonction et la direction, l’impulsion qui sera mise en action par la jambe d’Ansuz, la forme en mouvement : c’est le voyage.
Dans Uruz nous avons rencontré la force du buffle et la nécessité de l’intégrer. Dans Thurisaz la Force cherchait à déborder la Forme, puis le messager d’Ansuz a permis une première synthèse, une osmose de la Force et la Forme dans une prise de conscience nouvelle.
Ainsi le message du divin a été perçu, non comme un concept ou une idée désincarnée mais comme une injonction à se mettre en route afin de mettre en œuvre la Synthèse entraperçue dans tout ce que nous sommes et nous vivons. Simultanément nous avons compris que nous devions trouver un équilibre entre notre côté actif et réceptif. Pour cela il faudra voyager car cette Synthèse nécessite une rupture avec les strates du passé, la mise en œuvre de nouveaux comportements. Pour découvrir ce que veut le Messager il faut abandonner les repères rassurants, certitudes et confort pour chevaucher vers l’inconnu et traverser la nuée, un aspect subtil de la Présence divine.
Ici le Feu non maitrisé des runes initiales devient force de dynamique et de transformation profonde, le moteur, la glace le véhicule qui permettra de nous amener au but.
Si la métamorphose opérée par les runes du Futhark concerne ce que nous sommes dans notre profondeur, cette transformation concerne également tout ce qui forme notre monde de perception et de représentation. Nous ne percevrons les changements de notre monde intérieur, de ce que nous sommes en tant que conscience que dans les changements de tout ce qui constitue notre extériorité, qu’il s’agisse de notre monde relationnel ou des représentations qui peuplent notre univers intérieur.
Dans ce voyage vers l’inconnu nous ne partons pas sans atouts : le travail intérieur effectué dans les runes précédentes nous a appris à équilibrer en nous les forces actives et réceptives, célestes et terrestres : nous possédons l’énergie et la conviction qui nous mèneront au but.
Il sera nécessaire de trouver la bonne vitesse, réguler le pas du cheval pour l’adapter aux vicissitudes du chemin car « Qui veut aller loin ménage sa monture ». Le sens intérieur éveillé en Ansuz doit nous permettre d’éviter de prendre des fausses routes, de nous laisser entrainer dans des galops dangereux ou des marches indolentes si nous lui faisons confiance.
Un voyage réussi suppose à la fois un véhicule stable, susceptible de s’adapter aux vicissitudes du chemin, et une faculté de se remettre en question afin de vivre pleinement les expériences nouvelles qu’il engendre. Il y a recherche d’équilibre dans le mouvement, cet équilibre étant à la fois une conservation de la direction première, formalisée par le messager et une forme d’homéostasie, de continuité dans les ruptures du voyage.
L’immersion dans la nuée exprime la façon dont l’émergence en nous d’une nouvelle forme de conscience s’accompagne d’une rencontre avec le « Tout Autre », confirmation et mise en œuvre de l’impulsion donnée par Ansuz.
